Le pourquoi du comment

sur les coulisses de la vente des terrains

L’idée de départ

Pour éviter toute contestation future, la nouvelle Compagnie ne veut pas simplement occuper le terrain : elle veut le faire dans les formes légales. Denis Langlois, l’un de ses 7 dirigeants, lance donc une procédure officielle auprès des juges d’Hennebont, demandant l’autorisation de venir mesurer les terres et d’y planter des bornes.

Informer tout le monde (13-19 août)

Une fois l’autorisation donnée par le sénéchal, il devient nécessaire d’en informer la population. La demande est donc lue à voix haute après la messe dans plusieurs paroisses, puis criée sur la place du marché et affichée à l’entrée de la ville. Tous ceux qui pourraient avoir des droits sur ces terres sont convoqués pour le 26 août.

Le jour de la contestation (26 août)

Ce jour-là, le représentant du prince de Guémené se présente et conteste fermement. Il avance deux arguments : Pour commencer, selon la coutume bretonne, ces terres appartiennent au prince et non au roi ; ensuite, il demande qu’on lui montre le document royal justifiant cette opération, ainsi que la preuve qu’il a bien été validé par les institutions bretonnes compétentes.

Les juges passent outre

Malgré ces objections sérieuses, les juges passent outre et autorisent l’opération, fixée au 31 août.

La veille, la tension monte

Les propriétaires locaux continuent de réclamer le fameux document royal. Mais Denis Langlois ne peut pas le produire dans son intégralité (*) : il contient des erreurs (des terrains qui n’existent pas ou qui appartiennent déjà à quelqu’un). Pour sortir de l’impasse, il change d’argument : au lieu de dire que les terres reviennent gratuitement au roi, il propose une indemnisation aux propriétaires.

Cette concession suffit à calmer les oppositions. La cérémonie du 31 août peut avoir lieu.

(*) L’utilisation d’un texte tronqué a permis de transformer ce qui aurait dû être une spoliation (basée sur un faux titre de propriété royale) en une procédure d’expropriation avec dédommagement, rendant l’installation de la Compagnie acceptable pour les notables locaux et les juges d’Hennebont.