Le pourquoi du comment
sur le choix de l’emplacement du futur chantier
À la recherche de deux ports
Après la création de la Compagnie des Indes orientales en 1664, ses dirigeants se lancent dans une quête à double objectif : trouver un port sur la Manche et un autre sur l’Atlantique. Pour la Manche, le choix se porte assez naturellement et rapidement sur Le Havre.
Mais pour l’Atlantique, l’affaire s’avère bien plus compliquée qu’il n’y paraît.
Le refus de Bayonne
Dans un premier temps, c’est Bayonne qui retient l’attention. Mais les autorités locales, craignant que la Compagnie ne monopolise leurs chantiers capables de construire de grands navires, refusent l’accord. Il faut donc chercher ailleurs. Colbert charge alors, à la fin de l’année 1664, une commission d’inspecter plusieurs ports atlantiques, en tenant compte des besoins en construction, en armement et en retour des navires.
Un rapport qui ne recommandait pas Port-Louis
Le 1er mai 1665, cette commission rend son rapport. Et c’est là que l’histoire prend un tour inattendu : contrairement à ce que l’on pourrait croire, les commissaires ne recommandent pas Port-Louis, mais Paimbœuf.
Le choix final de Port-Louis ne découle donc pas directement de ce rapport.
Les atouts et les pièges de la rade
Sur le plan géographique, le site de Port-Louis a de sérieux atouts : une vaste rade, un bon mouillage, une entrée protégée par la citadelle. La navigation y reste cependant délicate, entre rochers, bancs de vase et marées capricieuses. L’ordonnance organise aussi une répartition pratique des activités : les magasins restent à Port-Louis, tandis que les chantiers navals s’installent au Faouëdic, faute de place suffisante sur place.
L’ombre du duc de Mazarin
Il serait faux de s’arrêter à ces seules raisons. Le rôle du duc de Mazarin n’est pas neutre. A la fois lieutenant général de Bretagne, gouverneur de Port-Louis et grand actionnaire de la Compagnie, son influence va faire pencher définitivement la balance en faveur de Port-Louis et du Faouëdic.
L’achat qui marque le vrai départ
Le 31 août 1666, Denis Langlois achète environ sept hectares de landes sur la rive droite du Scorff, afin d’y installer les premières cales et les premiers chantiers. C’est ce moment précis que l’on retient aujourd’hui comme le véritable point de départ de l’aventure. À l’époque pourtant, personne n’imagine encore qu’une ville va naître ici : Lorient ne se formera que plus tard, peu à peu, autour du chantier et de l’Enclos.
Et le Havre… qu’est-il devenu ?
Le Havre a connu quatre étapes :
- 1664 : Le Havre est choisi comme port de la Compagnie sur la Manche ;
- 1666-1669 : Malgré l’installation de la Compagnie au sud de la Bretagne, le site du Havre est maintenu parallèlement à celui de Port-Louis ;
- A partir de 1669 : le Havre est utilisé lorsque la sécurité permet aux navires de traverser la Manche ;
- 1675 : Décision est prise de fermer les ateliers du Havre et de les vendre les installations au roi.
Le choix définitif de Lorient ne fut donc pas immédiat.
Il résulta progressivement des difficultés de navigation en Manche, de la guerre et de la décision économique prise par la Compagnie en 1675.
Tableau comparatif des six principaux sites étudiés suite au refus du port de Bayonne
| Site | Avantages | Inconvénients | Conséquence |
|---|---|---|---|
| Brest |
|
| Choix écarté pour éviter une concurrence d’usage avec les vaisseaux du roi |
| La Rochelle |
|
| Choix jugée vulnérable pour accueillir une base de longue durée |
| Le Havre |
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| Choix accordé dès le départ puis abandonné en 1675 |
| Nantes |
|
| Choix écarté pour des raisons de navigation peu pratique |
| Paimbœuf |
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| Choix envisagé dans un premier temps puis non retenu de par l’influence du duc de Mazarin |
| Port-Louis et lande du Faouëdic |
|
| Choix final retenu pour installer la Compagnie |

