Fontaine Wallace - Place Bisson
Résumé
La fontaine Wallace (le grand modèle à quatre cariatides) de la place Bisson est une fontaine d’ornement en fonte, du type conçu à Paris à la fin du XIXᵉ siècle par Charles-Auguste Lebourg et financé par le philanthrope britannique Sir Richard Wallace. Ces fontaines furent installées dans de nombreuses villes françaises à partir des années 1870–1880.
À Lorient, la présence d’un exemplaire place Bisson est attestée par des cartes postales anciennes : elle occupait un point central de la place, à proximité immédiate de la statue d’Hippolyte-Magloire Bisson.
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Personnage(s) clé(s)
- Charles-Auguste Lebourg
- Richard Wallace
Date(s) clé(s)
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Lieu(x) clé(s)
Place Bisson
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Histoire et développement
Les fontaines Wallace sont des points d’eau publics en fonte apparus dans les années 1870. Elles furent conçues à la suite des grandes difficultés rencontrées par Paris pendant la guerre de 1870 et la Commune, qui détruisirent une partie du réseau d’eau potable. Les populations modestes, privées d’accès à l’eau, se tournaient souvent vers le vin. L’idée d’installer des fontaines gratuites répondait donc à un double objectif : offrir de l’eau potable à tous et lutter contre l’alcoolisme populaire.
Le philanthrope et le sculpteur
Le projet naît de la générosité de Sir Richard Wallace (1818-1890), riche héritier britannique établi à Paris.
Homme discret et profondément attaché à la France, il consacre une part de sa fortune à soulager la misère des Parisiens après le siège de 1870. Il finance notamment un hôpital, des œuvres d’assistance et ces fameuses fontaines qui porteront son nom.
Le dessin et la réalisation sont confiés au sculpteur Charles-Auguste Lebourg (1829-1906), originaire de Nantes. Wallace lui demande de créer un objet utile, beau, solide et peu coûteux.
Conception et fabrication
Les fontaines sont réalisées en fonte, matériau résistant, économique et facile à entretenir.
Leur hauteur est calculée pour être visible sans dominer le paysage urbain, et leur couleur vert foncé s’accorde avec le mobilier parisien (bancs, grilles, kiosques).
Quatre modèles sont conçus :
Le grand modèle à quatre cariatides (le plus célèbre) – 2,71 m ;
Le modèle petit – 1,32 m ;
Le modèle mural, adossé à un mur – 1,96 m ;
Le modèle à colonnette, plus élancé – 2,50 m.
Les cariatides symbolisent les vertus morales : bonté, sobriété, charité et simplicité.
Les fontaines sont produites par les fonderies du Val d’Osne (Haute-Marne), renommées pour leur art de la fonte ornementale.
Mise en place et diffusion
La première fontaine Wallace est installée en août 1872 sur le boulevard de la Villette à Paris.
Son inauguration attire une foule considérable : le succès est immédiat.
Rapidement, d’autres exemplaires sont répartis dans Paris, puis dans les grandes villes de France. Leur utilité sociale et esthétique convainc les municipalités : plusieurs centaines seront installées entre 1872 et 1900.
Chaque fontaine comportait à l’origine un gobelet métallique attaché par une chaînette, remplacé plus tard par un jet continu pour des raisons d’hygiène.
Héritage et symbolique
Les fontaines Wallace se diffusent dans de nombreux pays : Royaume-Uni, Canada, Portugal, Israël, Argentine, etc.
Elles deviennent un symbole du patrimoine français et de l’esprit philanthropique du XIXᵉ siècle, mêlant art, hygiène publique et solidarité.
Toujours présentes à Paris et dans plusieurs villes de province (dont Lorient vers 1892), elles continuent d’assurer leur mission première : offrir gratuitement de l’eau potable.
