Eglise Saint-Louis
Résumé
L’église Saint-Louis est le premier édifice religieux élevé pour la nouvelle population de Lorient au tournant du XVIIIᵉ siècle. Lorsque l’enclos de la Compagnie des Indes devient trop exigu pour accueillir les habitants, un terrain est donné hors de l’enclos pour bâtir une église. Très vite, la croissance démographique impose la création d’une paroisse distincte de Ploemeur. Après plusieurs consultations populaires et malgré l’opposition du recteur de Ploemeur, la paroisse de L’Orient est officiellement érigée en 1709. L’église Saint-Louis devient alors le centre spirituel d’une ville en pleine expansion, encore embryonnaire mais déjà promise à un développement exceptionnel.
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Personnage(s) clé(s)
Dondel du Faouëdic – Donateur du terrain permettant la construction de la première église (1701).
Jacques Le Livec – Premier recteur de la paroisse nouvellement érigée (1709).
Thomas Morphy – Recteur de Ploemeur, opposé à l’érection de la nouvelle paroisse.
Évêque de Vannes – Autorité ecclésiastique ayant organisé les consultations et érigé la paroisse.
Clairambault – L’un des notables signataires de la requête pour la création de la paroisse.
Date(s) clé(s)
1701 – Donation du terrain destiné à construire l’église.
1702 – L’église, encore incomplète, sert déjà aux offices.
18 février 1708 – Première consultation publique sur la création d’une paroisse.
22 juin 1708 – Nouvelle consultation approuvant la création d’une paroisse indépendante.
18 février 1709 – Création officielle de la paroisse de L’Orient et reconnaissance de l’église Saint-Louis.
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Lieu(x) clé(s)
Faouëdic – Secteur où est implantée l’église.
Enclos de la Compagnie – Limite initiale obligeant la construction hors de l’enceinte.
Ploemeur – Paroisse d’origine, dont dépendait L’Orient jusqu’en 1709.
Place Bisson / rues adjacentes – Secteur urbain se structurant autour de l’église au fil du XVIIIᵉ siècle.
Cimetière autour de la première église – Premier lieu d’inhumation spécifiquement lorientais.
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Histoire et développement
À la fin du XVIIᵉ siècle, la population de L’Orient croît rapidement autour des installations de la Compagnie des Indes. Jusqu’alors, les habitants restent rattachés à la paroisse de Ploemeur, située à une lieue et demie, ce qui rend difficile la pratique religieuse au quotidien. Dans ce contexte, un premier geste fondateur se produit en 1701, lorsqu’un propriétaire local, Dondel du Faouëdic, cède gratuitement du terrain pour édifier :
- une église,
- un presbytère,
- un cimetière,
Ce geste répond à un besoin urgent : la population de Lorient explose autour de l’enclos et la ville n’a toujours pas de paroisse propre. On construit une église, mais la paroisse reste celle de Ploemeur.
La construction de ce premier édifice commence rapidement. En 1702, alors que la population locale est déjà estimée à environ 6 000 habitants, l’église n’est encore bâtie qu’à moitié, mais elle est néanmoins utilisée pour les offices, signe de l’urgence religieuse ressentie par les nouveaux habitants .
Construire une église est une décision locale.
Créer une paroisse est un décision canonique et administrative.
La question de la création d’une paroisse autonome devient alors centrale. Trente-six notables lorientais adressent une requête à l’évêque de Vannes, exposant les difficultés rencontrées par une population désormais très importante : éloignement de l’église-mère, enseignement religieux insuffisant, sacrements difficiles à recevoir, et publication des bans en breton, langue que beaucoup de nouveaux habitants ne comprennent pas .
L’évêque organise une première consultation publique le 18 février 1708, à l’issue de la messe célébrée par le recteur de Ploemeur. Cette réunion tourne court, car le recteur s’oppose vigoureusement à la création d’une paroisse autonome. Une seconde consultation est donc organisée le 22 juin 1708, qui confirme clairement la volonté des habitants d’obtenir une paroisse indépendante et désigne leurs représentants officiels .
Après délibération, l’évêque de Vannes signe le 18 février 1709 l’acte érigeant officiellement la paroisse de L’Orient, moyennant une redevance annuelle de 90 livres au recteur de Ploemeur. L’église nouvellement construite reçoit alors le nom d’Église Saint-Louis, en hommage au roi, et devient le premier centre paroissial de la ville. Elle accueille son premier recteur, Jacques Le Livec.
Autour de cette église se structure progressivement la vie urbaine : le premier cimetière de la ville est installé à proximité immédiate de l’édifice, permettant enfin aux Lorientais d’inhumer leurs défunts sans devoir se rendre à Ploemeur. .
Vers 1720, le chantier est considéré comme achevé : la petite chapelle d’origine s’est transformée en une église complète, simple mais élégante. Les notables de la Compagnie y ont leurs bancs réservés, et les premières sépultures de familles d’armateurs y sont établies.
L’église Saint-Louis connaît un important agrandissement: la première pierre est posée le 30 juin 1768.
Après plus de deux siècles de vie paroissiale, l’église sera détruite par les bombardements de 1943. Mais sa première pierre, posée en 1702, demeure le véritable acte fondateur de la cité lorientaise.
Presbitère de l'église Saint Louis
« Le terrain concédé à la Compagnie est destiné à y élever une église, un presbytère et un cimetière pour les habitants de la ville naissante. »
Le presbytère devait donc être bâti sur la même parcelle, à proximité immédiate du sanctuaire, afin de loger le futur curé de la paroisse. Une maison presbytérale simple, à un étage, fut construite dans les années 1703-1704, attenante au jardin de la cure, elle-même clôturée d’un mur. L’ensemble formait un carré au nord de l’église primitive.
Ce premier presbytère était « modeste et en charpente », comparable aux maisons de négociants de l’époque, avant d’être reconstruit en pierre dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle, quand la paroisse se stabilisa.
Les curés successifs y vécurent jusqu’à sa destruction pendant les bombardements de 1943, qui anéantirent tout le cœur religieux du vieux Lorient.
Cimetière paroissial
L’acte de 1702 prévoit expressément un cimetière attenant à l’église, « entouré d’un mur bas, à usage des habitants du bourg de l’Orient et des ouvriers de la Compagnie ».
Ce cimetière constitue le premier lieu d’inhumation officiel de la ville ; jusque-là, les morts étaient portés à Ploemeur.
Ce cimetière se trouvait au sud de l’église, sur un terrain légèrement en pente descendant vers le Faouëdic. Il reçut dès 1709 les premières sépultures d’ouvriers, de marins et de négociants. Les registres paroissiaux de Saint-Louis mentionnent régulièrement les inhumations « dans le cimetière attenant à la paroisse » jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Vers 1770-1775, la saturation du lieu amena la municipalité et le clergé à envisager un transfert ; mais le nouveau cimetière ne fut réellement ouvert qu’au début du XIXᵉ siècle (près de l’actuel cours de Chazelles). Le vieux cimetière de Saint-Louis fut alors désaffecté et nivelé ; il servit, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, d’espace libre autour de l’église.
