Café de Paris

Café de Paris - Place Alsace Lorraine
Café de Paris - Place Alsace Lorraine (emplacement du bar Le Vauban) - A l'angle de la rue de l'Assemblée Nationale (emplacement du XIX siècle ) et de la place Alsace Lorraine, Lorient France

Café de Paris

Résumé

À la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ, la place Alsace-Lorraine est le centre névralgique de Lorient. Autour du kiosque à musique (1888) se dressent des immeubles, occupés par des commerces de prestige : le Cercle du Commerce, la Librairie Leclerc, les Modern Galeries, et plusieurs grands cafés. Parmi eux, le plus réputé de tous : le Café de Paris.

Personnage(s) clé(s)

 

Date(s) clé(s)

  • 1892/1893 – Premières informations sur l’existance du café de Paris

Lieu(x) clé(s)

  • 7 place Alsace Lorraine

Histoire et développement

Le Café de Paris apparaît dans les annuaires du Morbihan à partir de 1892–1893.
Il est installé au N°7 de la place Alsace-Lorraine (à l’angle de la rue de l’Assemblée Nationale), à proximité immédiate du Cercle du Commerce et face au kiosque à musique.
L’établissement occupe le rez-de-chaussée d’un immeuble bourgeois à colonnes et garde-corps en fonte, avec une terrasse donnant sur la place.

Sur les cartes postales des années 1900–1910, on lit clairement l’enseigne “Café de Paris” peinte en grandes lettres au-dessus des baies vitrées, parfois accompagnée de “Billiard – Restaurant”.

Le Café de Paris était l’un des plus élégants de la ville, fréquenté par :

            • les négociants et armateurs du port,

            • les officiers de la Marine,

            • les notables du Cercle du Commerce voisin,

            • et les familles bourgeoises lors des promenades dominicales.

L’intérieur, décoré de grands miroirs, de moulures et de banquettes de velours, s’inspirait des cafés parisiens de la Belle Époque.
L’éclairage au gaz, puis électrique, donnait au lieu une atmosphère chaleureuse et raffinée.

Le Café de Paris était le rendez-vous incontournable de la société lorientaise :

            • On y lisait les journaux du jour : Le TempsL’Ouest-ÉclairLe Figaro.

            • On y jouait au billard, aux cartes ou aux dames.

            • On y débattait de politique, de commerce et de marine.

            • Lors des concerts du kiosque, les clients se pressaient aux tables de la terrasse pour écouter les musiques militaires ou civiles jouées en plein air.

Le soir, la place s’illuminait : les lampadaires, les vitrines et les cafés faisaient scintiller le centre de Lorient dans une ambiance de capitale maritime.

Le Café de Paris proposait aussi une carte de restauration légère : plats du jour, fruits de mer, pâtisseries fines et glaces.
Il accueillait des banquets et réceptions pour les associations locales, les musiques municipales, ou les fêtes du 14 juillet.
Le service, réputé impeccable, était assuré par des garçons en livrée blanche, dans la plus pure tradition des grands cafés français.

Dans les années 1920–1930, le Café de Paris atteint son apogée.
La terrasse est agrandie, les stores rayés ombragent les tables, et le café participe activement à la vie culturelle :

            • il sponsorise les concerts publics,

            • organise des soirées dansantes et des dégustations,

            • et reste le point de rendez-vous des officiers étrangers en escale à Lorient.

Il rivalise alors avec d’autres établissements réputés : le Grand Café, le Café du Commerce (rue de Liège) et le Café du Théâtre.

Le Café de Paris disparaît, comme tout le centre de Lorient, lors des bombardements du 14–15 janvier 1943.
L’immeuble est soufflé, et il ne reste plus rien du café.
Sa disparition, comme celle du Cercle du Commerce ou du kiosque à musique, marque la fin du Lorient élégant et animé d’avant-guerre.

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