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Second kiosque à musique – Place Alsace Lorraine

Kiosque à musique (N°2) - Place Alsace Lorraine
Kiosque à musique N°2 - Au centre de la place Alsace Lorraine, Lorient France

Second kiosque à musique - Place Alsace Lorraine

Résumé

Après la disparition du premier kiosque de 1888, un second kiosque à musique fut construit vers 1925 sur la place Alsace-Lorraine, dans le contexte de prospérité et d’embellissement de l’entre-deux-guerres. De style Art déco (béton, structure polygonale, ferronneries géométriques), il était plus vaste et sobre que son prédécesseur. Comme lui, il accueillait concerts dominicaux, fanfares militaires et harmonies civiles, devenant un rendez-vous populaire lors des fêtes nationales. Dans les années 1930, il incarnait l’élégance lorientaise, visible sur de nombreuses cartes postales de l’époque. Il fut totalement détruit lors des bombardements du 14 janvier 1943, qui anéantirent la place Alsace-Lorraine.

Personnage(s) clé(s)

  • La municipalité de Lorient — décideuse de la reconstruction du kiosque
  • La musique municipale, les fanfares militaires, les harmonies civiles — groupes musicaux animant les concerts
  • Les Lorientais (familles, enfants, officiers) — usagers et témoins du lieu, groupes sociaux non nommés individuellement

Date(s) clé(s)

  • 1888 — Construction du premier kiosque à musique (mentionné en contexte)
  • Années 1920 — Période d’apaisement et de prospérité relative pour Lorient (entre-deux-guerres)
  • Vers 1925 — Construction du second kiosque à musique, de style Art déco
  • Entre 1928 et 1939 — Période des cartes postales montrant le kiosque
  • 14 juillet et 11 novembre — Fêtes nationales célébrées au kiosque (dates récurrentes)
  • Années 1930 — Le kiosque devient un symbole visuel de la ville
  • Janvier 1943 — Début des bombardements massifs sur Lorient
  • 15 janvier 1943 — Destruction totale de la place Alsace-Lorraine et du kiosque

Lieu(x) clé(s)

  • Lorient — cadre général
  • Place Alsace-Lorraine — emplacement du kiosque, cœur de la vie sociale lorientaise
  • Le port de guerre — origine des fanfares militaires jouant au kiosque

Histoire et développement

Après la disparition du premier kiosque à musique, érigé en 1888 et fragilisé au tournant du siècle par le temps et les aménagements successifs de la place, la municipalité de Lorient décida d’en construire un nouveau modèle, plus moderne, au cœur de la place Alsace-Lorraine.

Le nouveau kiosque est construit vers 1925, dans un style plus moderne (Art déco, béton et métal).

Ce second kiosque, tout comme son prédécesseur, fut conçu pour perpétuer une tradition profondément ancrée dans la vie lorientaise : celle des concerts en plein air et des fêtes musicales, rendez-vous populaires où se mêlaient les classes sociales autour du plaisir partagé de la musique.

Un projet issu de la période d’embellissement de l’entre-deux-guerres

Les années 1920 marquent pour Lorient une période d’apaisement et de prospérité relative. La ville, qui avait été épargnée par la Première Guerre mondiale, profite de l’essor du commerce maritime et de la reconstruction industrielle pour embellir son centre. La place Alsace-Lorraine, alors bordée de cafés, de librairies et de grands magasins, devient le véritable salon à ciel ouvert de la cité.
C’est dans ce contexte que s’élève le second kiosque, plus vaste, plus solide, et architecturalement plus épuré que celui de 1888.

Un style plus sobre et plus fonctionnel

Le nouveau kiosque adopte un style d’inspiration Art déco, en harmonie avec l’esprit des années 1920.
Il repose sur une base de béton, avec un plan polygonal régulier, et un toit à pans brisés soutenu par de fines colonnes métalliques. Les garde-corps, souvent en ferronnerie géométrique, remplaçaient les balustrades à volutes du premier modèle. L’ensemble, peint de couleurs claires, s’intégrait parfaitement aux parterres fleuris et aux allées arborées de la place.

Bien qu’aucune photographie précise n’en indique l’architecte, les archives iconographiques (notamment les cartes postales éditées entre 1928 et 1939) montrent un kiosque central plus élancé, surélevé de quelques marches, dominant un espace circulaire encadré de bancs publics.

Un lieu de vie et de musique

Comme son prédécesseur, le kiosque accueillait les concerts dominicaux de la musique municipale, les fanfares militaires du port de guerre et les harmonies civiles. Les Lorientais s’y rendaient pour écouter valses, marches, polkas et airs populaires.
La musique jouait alors un rôle essentiel dans la vie sociale : les concerts étaient gratuits, accessibles à tous, et constituaient un rendez-vous rituel, particulièrement attendu lors des fêtes nationales (14 juillet, 11 novembre) ou des grandes cérémonies civiques.

La place était alors l’un des lieux les plus fréquentés de Lorient. Les cafés alentour — notamment ceux situés sur les arcades de la place — profitaient de cette animation. Les familles s’y promenaient en fin d’après-midi, et les enfants jouaient autour du bassin central, tandis que la musique résonnait sous le kiosque.

Une image d’élégance lorientaise

Dans les années 1930, ce kiosque devient l’un des symboles visuels de la ville. Il figure sur de nombreuses cartes postales et photographies, où l’on voit les élégantes robes des années folles, les uniformes des officiers, les rangées de vélos et les fiacres stationnés tout autour de la place.
C’est aussi une époque où Lorient cherche à s’affirmer comme ville moderne, raffinée, et où la vie culturelle — concerts, bals, expositions — se développe activement. Le kiosque est alors à la fois un décor et un point de repère, au centre d’un quartier vivant, lumineux, très fréquenté.

Une fin tragique

Hélas, ce second kiosque connaîtra le même sort que le premier. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Lorient devient une base stratégique majeure pour les sous-marins allemands. La ville subit des bombardements massifs à partir de janvier 1943.
Le 14 janvier 1943, puis dans les nuits suivantes, la place Alsace-Lorraine est totalement détruite. Le kiosque s’effondre sous les bombes et disparaît avec l’ensemble du quartier. Il n’en reste que quelques clichés d’avant-guerre, témoins d’un lieu à la fois populaire, poétique et désormais légendaire.

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