Vous êtes ici :

Premier kiosque à musique – Place Alsace Lorraine

Kiosque à musique (N°1) - Place Alsace Lorraine
Kiosque à musique N°1 - Au centre de la place Alsace Lorraine, Lorient France

Premier kiosque à musique - Place Alsace Lorraine

Résumé

Le kiosque à musique de la place Alsace-Lorraine fut édifié en 1888, dans le cadre de la politique d’embellissement urbain de la Troisième République. De style classique (fonte et bois), sa structure octogonale portait sur sa frise les noms de compositeurs célèbres (Bizet, Mozart, Rossini…). Il devint rapidement un lieu de vie essentiel : concerts dominicaux, musique militaire, fêtes nationales et rassemblements populaires. Fragilisé par le climat maritime, ce premier kiosque fut démonté entre 1923 et 1924, puis remplacé vers 1925 par un nouvel édifice de style Art déco (béton et métal), qui devint à son tour un emblème de l’entre-deux-guerres.

Personnage(s) clé(s)

  • La municipalité de Lorient — décideuse du projet
  • Le Conseil municipal de Lorient — instance ayant validé le réaménagement en 1923
  • Les compositeurs inscrits sur la frise du kiosque : Aubert, Bizet, David, Halévy, Lulli, Massé, Meyerbeer, Méhul, Mozart, Rossini
  • Les régiments en garnison, les harmonies de la marine, les fanfares civiles — groupes musicaux animant le kiosque
  • Les habitants de Lorient (familles, enfants, élégantes de la ville, républicains, militaires) — usagers du lieu, groupes sociaux non nommés individuellement

Date(s) clé(s)

  • 1888 — Décision municipale d’édifier le kiosque à musique sur la place Alsace-Lorraine
  • 1870 — Épreuves mentionnées en arrière-plan (guerre franco-prussienne), dont la Troisième République marque le dépassement
  • 14 juillet — Fête nationale célébrée chaque année au kiosque (date récurrente, non annuelle précise)
  • Vers 1910–1914 — Début de la dégradation du kiosque (usure, corrosion)
  • 1923 — Séances du Conseil municipal évoquant le réaménagement de la place et la reconstruction du kiosque
  • Entre 1923 et 1924 — Démontage du premier kiosque
  • Vers 1925 — Construction du nouveau kiosque, de style Art déco
  • Années 1930 — Le nouveau kiosque devient un emblème de l’entre-deux-guerres

Lieu(x) clé(s)

  • Lorient — cadre général
  • Place Alsace-Lorraine — emplacement du kiosque, cœur civique et commerçant de la ville

Histoire et développement

À la fin du XIXᵉ siècle, Lorient connaît une profonde transformation urbaine. La Troisième République, stable et confiante, engage partout en France une politique d’embellissement et de modernisation des villes. À Lorient, la place Alsace-Lorraine, devenue le nouveau cœur civique et commerçant de la cité, illustre cette ambition. C’est sur cet espace, né du comblement progressif de l’ancien étang du Faouëdic, que la municipalité décide en 1888 d’édifier un kiosque à musique.

Ce projet s’inscrit dans le grand mouvement républicain d’alors : il s’agit de créer des lieux publics ouverts, favorisant la convivialité, la culture populaire et le sentiment d’appartenance nationale. Le kiosque à musique est alors considéré comme un symbole de la démocratie municipale, un équipement aussi utile qu’ornemental, destiné à rapprocher les habitants autour de la musique militaire, des fanfares locales ou des harmonies ouvrières.

L’édifice, conçu dans un style classique en fonte et bois, s’élève au centre exact de la place. Sa structure octogonale, légère et harmonieuse, repose sur un socle de pierre accessible par quelques marches circulaires. Une balustrade ouvragée délimite la scène, et le toit conique, soutenu par de fines colonnes de fonte décorées, abrite les musiciens tout en diffusant le son dans toutes les directions. Ce modèle, typique des constructions municipales de la fin du XIXᵉ siècle, s’inspire des réalisations parisiennes et bretonnes contemporaines.

Le kiosque à musique présentait, sur la frise supérieure de son entablement, le nom de compositeurs célèbres, peints en doré sur fond vert foncé : Aubert, Bizet, David, Halévy, Lulli, Massé, Mayerbeer, Méhul, Mozart, Rossini.
Entre les noms, des lyres, guirlandes et têtes de chérubins complétaient la décoration.

Dès son inauguration, le kiosque devient un lieu de vie incontournable. Les dimanches d’été, les habitants de Lorient s’y rassemblent pour écouter la musique des régiments en garnison, les harmonies de la marine ou les fanfares civiles. On y joue les marches triomphales, les airs d’opéras à la mode, parfois des compositions bretonnes. Les enfants courent autour du parterre de fleurs, les familles s’assoient sur les bancs de fer, et les élégantes de la ville viennent s’y promener dans leurs toilettes dominicales.

Ce petit édifice n’est pas qu’un décor pittoresque : il devient un repère affectif et social. Il incarne la douceur de vivre de la Troisième République, le goût de la fête, la confiance retrouvée après les épreuves de 1870. Il témoigne aussi du rôle central de la musique dans l’identité lorientaise — musique militaire, bien sûr, mais aussi populaire, car les harmonies locales reflètent la vitalité d’une cité portuaire ouverte sur le monde.

Autour du kiosque, la place Alsace-Lorraine s’embellit encore : alignements d’arbres, parterres floraux, fontaines, terrasses de cafés. La municipalité veut en faire une vitrine de la ville moderne. Le kiosque est souvent photographié, figurant sur les cartes postales et les gravures qui diffusent l’image d’une Lorient élégante, prospère et accueillante.

Au tournant du XXᵉ siècle, il est déjà un symbole familier. On y célèbre les fêtes nationales du 14 juillet, les retraites aux flambeaux, les défilés des anciens combattants, les fêtes scolaires et patriotiques. C’est aussi un lieu d’union : républicains, militaires, familles ouvrières ou commerçantes s’y côtoient dans une ambiance de liberté et de joie simple.

Dégradation progressive (début du XXᵉ siècle)

Le kiosque était déjà en mauvais état vers 1910–1914. Le climat maritime, la corrosion et l’usure du bois avaient rendu la structure fragile. À cette époque, plusieurs projets municipaux évoquent sa restauration ou son remplacement.

Selon les archives municipales mentionnées par Gaigneux et corroborées par les photographies d’époque, le premier kiosque fut démonté entre 1923 et 1924, jugé dangereux pour le public.
Les comptes-rendus du Conseil municipal de Lorient (séances de 1923) signalent des travaux de “réaménagement de la place Alsace-Lorraine et reconstruction d’un nouveau kiosque à musique”. Aucune destruction brutale (incendie ou effondrement) n’est rapportée : il s’agit d’une démolition administrative et programmée.

Construction du nouveau kiosque

Le nouveau kiosque est construit vers 1925, dans un style plus moderne (Art déco, béton et métal). Plus vaste, plus sobre, il reprend la même fonction : concerts militaires, harmonies civiles, fêtes publiques.
Il devient un emblème de l’entre-deux-guerres et figure sur toutes les cartes postales lorientaises des années 1930.

Un autre article à rechercher ?

Facebook
Twitter
WhatsApp